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Terroristes ou déséquilibrés, faut-il choisir ?

Justice au Singulier - philippe.bilger, 22/12/2014

Déséquilibrés ou terroristes : il serait sain de ne pas les dissocier pour montrer ce qu'il y a de folie chez les seconds et de malfaisant chez les premiers.

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On ne va pas passer notre temps à analyser le comportement de celui qui a tenté de tuer des policiers au nom d'Allah, comme à Joué-lès-Tours, ou qui a fauché délibérément onze piétons, en criant Allah akbar, comme à Dijon (Le Parisien).

Il paraît que ce dernier était très gravement atteint sur le plan psychiatrique, avec un nombre incroyable d'hospitalisations et une pathologie lourde.

Il n'empêche.

Est-il vraiment expédient, cependant, de distinguer aussi soigneusement les ressorts criminels des motivations terroristes, les fêlés de la mort d'autrui des fanatiques du massacre politique ou religieux ?

Certes, j'entends bien que la justice a le souci de mettre en oeuvre la procédure adaptée aux faits et à l'individu concerné mais quand un magistrat déclare que, pour Dijon, il s'agit d'un déséquilibré et non pas d'un terroriste, il me semble que, pour être technique, ce partage est dangereux.

D'une part il laisse entendre que les terroristes ne seraient pas des déséquilibrés alors que, profondément, leur structure psychologique, leur inaptitude à l'humain et leur enfermement dans une foi meurtrière et obligatoirement radicale les constituent comme de parfaits exemples de dérèglement mental et de fanatisme à la fois assassin et suicidaire.

Laisser croire si peu que ce soit qu'il y aurait logique, rationalité et mesure - pas de déséquilibre en tout cas - dans le terrorisme pourrait le faire passer pour une entreprise qui aurait sa justification, perverse soit, mais indéniable.

Il convient au contraire de ne pas transiger sur le caractère forcément délirant des terroristes en dépit, parfois, de l'apparence trompeuse de ratiocinations ineptes et paroxystiques. Ce serait leur faire trop d'honneur, et leur rendre un hommage équivoque, que de leur prêter lucidité et cohérence.

D'un autre côté, comment ne pas s'alarmer que l'islam radical - comme le souligne Thibault de Montbrial - serve de détonateur à des malades et que ceux-ci commettent le pire en éprouvant le besoin de hurler Allah ou Allah akbar (Figaro Vox)?

Il n'y a pas de hasard dans le fait qu'une sorte de contagion de l'extrémisme islamiste, à force, paradoxalement, d'en parler, d'en dénoncer les ravages et l'ampleur, de porter l'attention sur les "martyrs" de la cause, touche de plein fouet des personnalités débiles, déboussolées et prêtes à endosser, comme un nouvel habit, l'arsenal verbal et violent qui va les placer au premier plan. De leur existence comme du monde.

Déséquilibrés ou terroristes : il serait sain de ne pas les dissocier pour montrer ce qu'il y a de folie chez les seconds et de malfaisant chez les premiers.


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