Actions sur le document

Guaino résiste, Bernadette Chirac plonge

Justice au singulier - philippe.bilger, 26/03/2012

Je suis persuadé qu'Arno Klarsfeld saura encore me donner un peu de matière pour la suite. Il y a des bienfaiteurs que ce blog ne cesse pas de remercier.

Lire l'article...

Il paraît que François Hollande n'aurait pas le "gabarit" selon Bernadette Chirac chaleureusement approuvée par Jean-Pierre Raffarin (Le Figaro).

Ainsi la campagne présidentielle serait une sorte d'atelier de couture où la taille, les mensurations, l'embonpoint seraient évalués, mesurés. Rien ne me semble plus ridicule que cette conception de la démocratie qui veut laisser croire qu'avoir occupé une fonction vous qualifie pour la suite et qu'y aspirer vous disqualifie par avance. En réalité, cette condescendance manifestée par l'épouse de notre ancien président qui n'avait pas le même avis qu'elle est non seulement humiliante mais grotesque. Qui peut douter des qualités intrinséques de François Hollande, qu'on vote ou non pour lui demain ? Culture, intelligence, finesse, sensibilité lui ont été imparties au moins aussi généreusement qu'à Nicolas Sarkozy et, si le destin politique lui est favorable, on verra si "son gabarit" est un handicap ou une chance. A vrai dire, ce n'est jamais que dans l'action elle-même qu'un jugement a du sens. L'homme ou la femme sont-ils submergés par le poids de leur charge et l'ampleur des difficultés ou savent-ils y faire face ?

J'ajoute que Bernadette Chirac, pour moi, est loin d'être un oracle. Les pièces jaunes ne lui servent pas de talisman pour tout. Il serait cruel de rappeler certaines péripéties politiques et judiciaires qui affectent la légitimité de Bernadette Chirac à se poser en juge averti de la moralité et de la compétence des autres. On perçoit bien ce que son enthousiasme assez récent pour Nicolas Sarkozy a de conjoncturel et de tactique. Dans la critique, on aurait pu attendre autre chose que cette médiocre pique.

La campagne présidentielle nous condamne à l'analyse des petites phrases et des pensées rapides.

Heureusement, Henri Guaino nous console de Bernadette Chirac. L'un résiste quand l'autre a plongé.

Henri Guaino a qualifié, avec franchise et un sens de la vérité que sa participation aux joutes actuelles n'a pas altéré, Gaza de "prison à ciel ouvert", "puisque les Palestiniens ne peuvent pas rentrer, ne peuvent pas sortir, ne peuvent pas se baigner dans la mer". Cette appréciation est brutale parce qu'elle va droit au fait de l'enfermement mais il paraît difficile de la contester pour peu que le débat israélo-palestinien ne vous ait pas fait perdre la tête.

Mais il en faut toujours un pour tomber dans le ridicule et assez souvent Arno Klarsfeld - reconnaissons-lui ce mérite singulier - vient nous secourir ! Il a estimé, contre Henri Guaino, que "l'image était malvenue après la tuerie de Toulouse". Je ne vois pas le rapport. Les terrifiants assassinats de militaires et de juifs (dont trois petits enfants), la mort en combattant de Mohamed Merah ne sont pas survenus pour empêcher de penser, de dénoncer et de parler. Mais plutôt pour nous entraîner plus loin encore dans les exigences de lucidité et de justice.

Henri Guaino n'a pas cédé à la bêtise qui voudrait étouffer alors que l'horrible d'ici ne fait pas disparaître la souffrance de là-bas. Arno Klarsfeld devrait accepter que le monde continue à tourner même après les crimes de Toulouse et de Montauban. Si on lui avait appliqué ce critère des propos "malvenus", il y a longtemps qu'il aurait été condamné au silence !

Je suis persuadé qu'il saura encore me donner un peu de matière pour la suite. Il y a des bienfaiteurs que ce blog ne cesse pas de remercier.


Retrouvez l'article original ici...

Vous pouvez aussi voir...