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Enfin !

Justice au Singulier - philippe.bilger, 17/01/2018

On a envie de dire enfin et merci !

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Enfin une décision.

L'abandon du projet d'aéroport à Notre-Dame-des-Landes.

Enfin le retour de l'autorité de l'Etat.

La zone de non-droit occupée par les "zadistes" sera évacuée, par la force si nécessaire.

Je devine ce que les partisans du projet ne vont pas manquer de faire valoir, jusqu'à l'accusation extrême de reniement, de trahison. Le président du conseil départemental de Loire-Atlantique et de la zone aéroportuaire l'a déjà fait d'ailleurs en s'exprimant, contre toute courtoisie républicaine, avant le Premier ministre (BFMTV).

La décision d'abandon a été très habilement présentée grâce au rapport opportunément demandé avant. Le propos a été structuré et respectueux.

Ont été éliminés certes tous les arguments politiques, techniques et démocratiques (une consultation populaire avait abouti à un vote contraire et Emmanuel Macron, face à Bruno Retailleau, avait souhaité la réalisation du projet) qui auraient été de nature à rendre discutable le point de vue gouvernemental, voire incompréhensible sa rétractation.

Puisque l'essentiel n'était pas là, mais de montrer qu'on était passé du temps des hésitations au temps de l'action. Et pour cet imbroglio à dénouer, choisir, c'était agir.

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Le Premier ministre a mis en avant trois données fortes qui tactiquement sont en effet convaincantes.

Un tel projet de nouvel aéroport n'aurait pas pu être mené à bien dans une atmosphère aussi divisée, dans un climat aussi antagoniste avec peu ou prou des partisans et des adversaires en nombre égal. L'abandon, donc, n'est pas une fuite ni une lâcheté mais une sagesse.

Il fallait décider et le gouvernement le fait en tranchant le noeud gordien avec courage et en choisissant enfin une branche de l'alternative.

Il n'est pas interdit à un pouvoir d'évoluer quand confronté à la réalité du terrain sa position initiale mérite, selon lui, d'être modifiée.

Enfin !

L'état de l'autorité en France recouvrera du crédit avec la fermeté et les engagements du Premier ministre, avec l'autorité de l'Etat affirmée et concrétisée.

Il est clair que si la promesse de rétablir l'ordre et de redonner à cette zone sa destination libre et naturelle n'était que purement verbale, opportuniste, fallacieuse, on serait alors fondé à soutenir que les zadistes l'ont emporté et qu'en effet le pouvoir leur a cédé.

Mais, aujourd'hui, le pire n'est pas sûr.

L'intense débat, la contestation et l'opposition qui vont surgir à la suite de cette double décision seront sans doute insupportables, durables ou outranciers.
Mais on sera enfin sorti d'un infernal guêpier que chaque pouvoir avait pour objectif de laisser à son successeur.

Je suis heureux de constater que mon billet du 8 janvier La ZAD : une zone à dégager... n'a pas été démenti et que j'avais raison d'espérer.

On a envie de dire enfin et merci !


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