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Bibliothèque municipale de Nancy

- Wikipedia, 28/01/2012

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La Bibliothèque municipale de Nancy est une bibliothèque municipale classée située au centre de la ville de Nancy, rue Stanislas, dans l'ancien bâtiment qui accueillit, lors de son transfert à Nancy en 1769, l'Université de Lorraine, fondée en 1572 par les Jésuites à Pont-à-Mousson. Elle abrite environ 400 000 documents (aussi bien des livres que des cartes, des plans ou des estampes), dans de belles boiseries du XVIIIe siècle.

Sommaire

Histoire

Fondation de la Bibliothèque

Le roi de Pologne et duc de Lorraine et de Bar Stanislas Leszczyński est à l'origine de la fondation de la bibliothèque royale par l'édit du 28 décembre 1750. L'édit de création gère tout, de son installation au palais des Ducs de Lorraine (dans la Galerie des Cerfs), aux horaires d'ouverture. C'est une bibliothèque publique, une des rares à avoir été créée à cette époque, et le siège de l'Académie de Stanislas.

Au départ, le duc souhaitait créer une académie, mais son intendant, Antoine-Martin Chaumont de La Galaizière, n'en voulait pas, craignant une résistance face à la future annexion de la Lorraine par la France. Créer cette bibliothèque était, pour Stanislas Leszczyński, une manière détournée de réaliser son projet, puisque la bibliothèque attribuait des prix littéraires et scientifiques.

En 1763, elle déménage une première fois à la mairie, dans le salon carré, qui avait été inauguré quelques années auparavant.

Parallèlement, Nancy se dote d'une université, après la fermeture de celle de Pont-à-Mousson en 1768, due à l'expulsion des Jésuites. Les travaux commencent en 1770, sous la direction de Charles-Louis de Montluisant, qui est chargé de construire un bâtiment en fonction des boiseries de l'ancienne université de Pont-à-Mousson, qui sont transportées par bateau, et installées au premier étage de l'Université en 1775.

C'est la Révolution française qui va réunir ces deux destins. Après les confiscations des biens du clergé, les révolutionnaires se retrouvent avec tous les livres des 120 maisons religieuses visitées, et font face à un problème de place. Ils ont l'idée de les entreposer à l'Université qui est vide, puisque la Révolution a fait fermer toutes les facultés. Ainsi, la bibliothèque municipale se créée au début du XIXe siècle et compte déjà 20 000 ouvrages.

Au XIXe siècle

C'est en 1803 que le bâtiment et l'institution reviennent en totalité à la municipalité de Nancy. La salle de lecture, située dans l'aile gauche au premier étage, n'ouvre que 3 jours par semaine, et le recensement des ouvrages saisis à la Révolution n'est achevé qu'en 1837. Confiée aux soins de Soyer-Willemet, la bibliothèque apparaît comme un lieu renfermé sur ses trésors, ce qui est fustigé par la presse locale de l'époque[1]. Si l'Université déménage définitivement au Palais universitaire, le rez-de-chaussée demeure cependant occupé jusqu'à la création de la Galerie Poirel par des manifestations sans rapport avec la bibliothèque.

La carrière de Justin Favier à la tête de la bibliothèque (1883-1922) signe véritablement son âge d'or : installation au rez-de-chaussée d'une salle de lecture ultra-moderne, fréquentée par Maurice Barrès, Christian Pfister et Robert Parisot.

La bibliothèque n'a connu aucune destruction pendant les deux guerres mondiales.

Les façades et toitures du bâtiment, ainsi que les deux grandes salles de lecture du premier étage, ont fait l'objet d'une inscription au titre des monuments historiques par un arrêté du 20 septembre 1946[2].

La médiathèque

Façade et haut-fourneau de l'ancienne Manufacture des tabacs de Nancy

En 1991 elle a été étendue par une médiathèque aménagée sur 6 000 m2 dont plus de 3 000 m2 ouverts au public, dans l'ancienne manufacture des tabacs[3], par le cabinet d'architectes de Christian François et Patricia Henrion[4]. Elle constitue la tête du réseau composée des bibliothèques de quartier du Haut-du-Lièvre, Bonsecours, Trois-Maisons, République et Haussonville.

Collections

La bibliothèque conserve un riche fonds encyclopédique, hérité de l'ambition de Stanislas d'en faire un établissement ouvert à l'instruction de tous.

De nos jours, elle abrite un fonds de référence sur l'histoire de la Lorraine et du duché de Lorraine, contenant également des manuscrits, estampes, cartes et plans. Une base de données permet de parcourir les 4 000 périodiques lorrains conservés aux archives et bibliothèque municipales, aux archives départementales, à la bibliothèque diocésaine mais également à la bibliothèque municipale de Metz. La bibliothèque municipale de Nancy est la bibliothèque habilitée à recevoir le dépôt légal imprimeur (DLI) en Lorraine.

À la demande du roi Stanislas, le grand bibliophile Józef Andrzej Załuski avait déposé une partie de ses livres à l'Académie de Stanislas lors de son admission comme associé étranger en 1756 ; le « Petit fonds Załuski », conservé à la bibliothèque municipale, a ainsi échappé aux destructions qui ont affecté la Bibliothèque Załuski en Pologne.

Le XIXe siècle est particulièrement marqué par les dons et legs faits à la Bibliothèque de Nancy : 600 cartes du général Antoine Drouot en 1832, les 7 860 volumes de la bibliothèque de Georges Boulay de la Meurthe, conservés dans des salles qui lui sont entièrement dédiées, 10 000 thèses de l'Université de Strasbourg, les donations de la comtesse Sommariva, de Charles Mehl et d'Émile Gebhart. Les fleurons de la Bibliothèque, les fonds Grandville, constitué de dessins originaux, et Jean-Baptiste Thiéry-Solet (livres lorrains, manuscrits et dessins de Grandville et de Jacques Callot), arrivent respectivement en 1893 et 1921.

Pour le XXe siècle, il faut noter les fonds d'écrivains régionalistes tels que Émile Moselly et Robert Honnert, mais aussi celui du graveur Michel Jamar.

Associations en lien avec la bibliothèque

Liée depuis l'origine à la Bibliothèque municipale, l'Académie de Stanislas y tient encore ses séances et y a déposé son fonds d'archives et sa bibliothèque.

L'Association française pour la connaissance de l'ex-libris (AFCEL), qui possède un fonds de plusieurs dizaines de milliers de gravures, dispose d'un local à la Bibliothèque municipale de Nancy[5].

Références

  1. Markiewicz 2000, p. 23.
  2. Notice no PA00106287, sur la base Mérimée, ministère de la Culture.
  3. Bibliothèque municipale de Nancy : Informations complémentaires, sur le CCFr. Consulté le 16 juillet 2009.
  4. Références : Édifices culturels, sur le site de François & Henrion.
  5. Site de l'AFCEL, sur Blogspot.

Bibliographie

  • André Markiewicz (dir.), La Bibliothèque municipale de Nancy : 1750-2000, Nancy, Ville de Nancy, 2000, 205 p. (ISBN 2-9515634-0-X) 
  • C. Pélerin, dans Pol Neveux (dir.) et Émile Dacier (dir.), Les Richesses des bibliothèques provinciales de France : Historiques des dépôts, œuvres d'art, manuscrits, miniatures, livres, reliures, musique, dessins & gravures, monnaies & médailles, fonds locaux, spécialités, vol. 2 : Lyon-Yvetot, Paris, Bibliothèques nationales de France, 1932, 231 p., p. 59–62 
  • André Gain, « Nos bibliothèques », dans Annales de l'Est, Berger-Levrault, 4e série, vol. 1, no 1, 1933, p. 115–119 (ISSN 0365-2017) 
  • Cornelia Serrurier, Bibliothèques de France : Description de leurs fonds et historique de leur formation, La Haye, Martinus Nijhoff, 1946, 347 p., p. 147–150 
  • André Markiewicz, « La Bibliothèque municipale de Nancy », dans Banques CIC pour le livre et Direction du Livre et de la Lecture, Patrimoine des bibliothèques de France, vol. 3 : Champagne-Ardenne, Lorraine, Paris, Payot, 1995, 160 p. (ISBN 2-228-88966-0), p. 84–91 
  • Guy Vaucel, « Bibliothèque et médiathèque de la ville de Nancy », dans Le Pays lorrain, Société d'histoire de la Lorraine & du Musée lorrain, vol. 73, no 1, janvier-mars 1992, p. 45–50 (ISSN 0031-3394) 
  • Camille Thiaucourt, Les bibliothèques de Strasbourg et de Nancy, Paris et Nancy, Berger-Levrault, 1893, 119 p., partie III, chap. 1 (« La bibliothèque municipale de Nancy »), p. 52–75 

Liens externes

48°41′31″N 6°10′44″E / 48.69194, 6.17889


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