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Site nucléaire de Marcoule

- Wikipedia, 1/01/2012

44° 08′ 34″ N 4° 42′ 32″ E / 44.1428, 4.7089

Vue aérienne du site nucléaire de Marcoule

Créé en 1956, le site nucléaire de Marcoule aussi connu comme Valrhô Marcoule s'étend sur les communes de Chusclan et Codolet, proches de Bagnols-sur-Cèze, dans le Gard ainsi que Pierrelatte, dans la Drôme[1]. Ce site industriel, situé en bordure du Rhône entre Montélimar (65 km en amont) et Avignon (30 km en aval), est localisé en pleine région Côtes-du-Rhône, zone touristique, agricole et viticole. Nîmes est située à 45 km au sud-ouest du complexe

Le site de Marcoule a vu naître les applications industrielles et militaires du plutonium en France. Les recherches portent sur le cycle du combustible nucléaire et les projets de réacteurs nucléaires. L'arrivée en fin de vie de certaines installations se traduit par la mise en place de chantiers de démantèlement, et le lancement de nouveaux projets.

Sur le site de Marcoule travaillent environ 5 000 personnes, dont 1 550 salariés du Commissariat à l'énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA)[2]. AREVA y emploie environ 1000 personnes[3] pour l'assainissement et le démantèlement des installations nucléaires arrivées en fin de vie ainsi que pour l'expoitation d'installations industrielles[4].

Sommaire

Histoire

C'est sur le site de Marcoule que furent construits les réacteurs nucléaires à usage militaire pour les recherches menées sur la fabrication de la bombe atomique de la Force de dissuasion nucléaire française. C'est aussi sur le site de Marcoule que le CEA a mis au point la filière graphite-gaz, qui initialisa la liste des réacteurs nucléaires en France :

  • réacteur G1 (mise en service le 7 janvier 1956, arrêt définitif le 15 octobre 1968) ;
  • usine d’extraction du plutonium (UP1) (construite à partir de juin 1955 et mise en service en janvier 1958, arrêt définitif en 1997) ;
  • réacteur G2 (mise en service le 21 juillet 1958, arrêt définitif en 1980) ;
  • réacteur G3 (mise en service le 8 juin 1959, arrêt définitif en 1984) ;
  • réacteur Célestin I (mise en service le 15 mai 1967, arrêt définitif en 2009[5]).

Activités

Aujourd'hui, de très nombreuses activités nucléaires sont réunies à Marcoule : production de MOX, ancienne usine de traitement du combustible usé, entreposage de déchets radioactifs, centre d'étude sur les déchets, installation nucléaire militaire exploitée par Areva NC, etc. Le site de Marcoule accueille comme installations nucléaires :

Activités militaires

Avec l'arrêt définitif du dernier des réacteurs Célestin en 2009 le site n'abrite plus d'installation de type militaire. Il est prévu que ce démantèlement commence en 2016 et se termine en 2050[5].

Production de combustible Mox

Depuis 1995, l'usine MELOX fabrique des assemblages combustibles MOX (Mixed Oxide), élaborés à partir d'un mélange d'oxyde d'uranium et de plutonium. Le MOX permet de recycler le plutonium issu du combustible nucléaire, récupéré lors des opérations de traitement du combustible usé à l'usine de retraitement de la Hague.

Activités civiles

Production d'électricité

Les réacteurs G1, G2 et G3 de la filière UNGG sont en phase de démantèlement.

Recherche sur la surgénération

Le réacteur Phénix a cessé définitivement son fonctionnement en 2009. Avec ce réacteur expérimental, des recherches ont été menées par le CEA et EDF sur la filière des réacteur à neutrons rapides.

Séparation et transmutation

L'ATelier Alpha et Laboratoires pour ANalyses, Transuraniens et Études de retraitement (ATALANTE) est un laboratoire du Commissariat à l'énergie atomique consacré à la recherche sur le traitement des combustibles irradiés et la gestion des déchets radioactifs de haute activité et à vie longue[6].

Il est actuellement impossible de neutraliser la radioactivité, seul le temps la fait diminuer progressivement. Des recherches sont menées à Marcoule (notamment dans Atalante et le réacteur Phénix) pour explorer la possibilité de transmuter une partie des éléments radioactifs en atomes stables ou à vie plus courte.

Conditionnement et entreposage

Les études de conditionnement et entreposage de longue durée sont menées principalement à Marcoule. Elles portent sur deux points :

  • les procédés de conditionnement, c’est-à-dire les différents types d'emballages utilisables pour confiner la radioactivité des déchets ;
  • les possibilité d'entreposage en surface ou en sub-surface. La voie retenue actuellement est de creuser des galeries à flanc de colline.

Selon le CEA, les déchets seraient entreposés pour 300 ans maximum. Il ne s'agirait donc que d'une solution temporaire mais qui s'étendrait sur des périodes séculaires, au prix d'une surveillance et d'une maintenance constante.

Le site de Marcoule est pressenti pour accueillir un tel centre d'entreposage, d'autres lieux seront probablement concernés ailleurs en France.

Traitement thermique des déchets

La radioactivité n'est pas neutralisée par un traitement thermique, seul le temps la fait diminuer progressivement. Toutefois, le traitement thermique des déchets radioactifs permet d'améliorer le conditionnement et de réduire leur volume.

Le centre nucléaire de traitement et de conditionnement des déchets faiblement radioactifs (Centraco) est une usine de l'entreprise Socodei traitant les déchets métalliques et les déchets combustibles. Centraco fond des ferrailles en provenance d'EDF, de AREVA et d'autres sociétés. Centraco est aussi équipé d'un incinérateur destiné à brûler 5 000 t/an de déchets dits faiblement contaminés provenant de AREVA, EDF et d'autres producteurs.

Article détaillé : Centraco.

Explosion de 2011 à la SOCODEI

Sur les autres projets Wikimedia :

Le 12 septembre 2011 à 11 h 45, l'explosion d'un four de fusion sur l'installation Centraco (centre nucléaire de traitement et de conditionnement des déchets faiblement radioactifs) exploité par la SOCODEI provoque la mort d'un opérateur, et fait 4 blessés, dont un grave transporté à l'hôpital de Montpellier puis à l'hôpital militaire Percy à Clamart[7] par hélicoptère pour des brûlures importantes[8],[9]. Cette explosion dans un bâtiment situé au nord du site (commune de Codolet) est suivie d'un incendie qui sera éteint à 12 h 45[10],[11]. Au moment de l'explosion, l'ASN relayant les informations de l'exploitant annonce que le four contenanait quatre tonnes de déchets métalliques de Très Faible Activité (TFA) présentant une activité totale de 67 000 Becquerels[12],[13]. Le 29 septembre, l'ASN classe l'accident niveau 1 de l'INES. le four contenait en fait 30 MBq, soit 500 fois plus que déclaré[14].

La société traite des déchets de faible et très faible activité (FA et TFA) radiologique[11],[9].

À titre préventif, le Plan d'urgence interne (PUI) est déclenché sur le site, et le personnel reste confiné du fait du risque de dispersion de matières radioactives[11]. L’alerte sera levée à 16 h[10]. La Ligurie a déclenché un état d’alerte[10]. L'Autorité de sûreté nucléaire indique qu'aucun rejet de matière radioactive n'a lieu à l'extérieur de l'installation[15]. L'ASN avait déjà par le passé fait des remarques relatives à des lacunes dans le suivi des règles de sûreté nucléaire[12].

Le lendemain, les enquêteurs débutent l'enquête sur site[16].

Réactions politiques

La ministre de l'Écologie, Nathalie Kosciusko-Morizet, décide de se rendre sur le site de Marcoule, où elle précise à propos de l'absence de retombées radioactives, qu'il y a eu "plus de peur que de mal" en dépit du décès et des blessés. Eva Joly, la candidate des Verts à l'élection présidentielle de 2012, demande « que le gouvernement fasse toute la transparence en temps réel sur les conditions de cet accident et sur les risques encourus par les travailleurs du site et la population locale ».

« Aucune mesure de confinement ou d'évacuation » des salariés n'a été nécessaire, a indiqué le ministère de l'Intérieur, avant de préciser que « les blessés n'ont pas été contaminés » et que la personne décédée est « morte dans l'explosion »[17].

Le ministre de l'Énergie, Éric Besson, s'est dit « très touché par cet accident et par ses conséquences humaines » et « s'est par ailleurs assuré auprès de l'exploitant EDF que cet accident n'avait généré aucune fuite radioactive ou chimique »[9].

L'AIEA a demandé des informations concernant l'explosion, et son directeur a estimé que « l'incident en France est un exemple nous rappelant que nous devons aller de l'avant en matière d'amélioration de la sûreté »[18].

Traitement médiatique

Les journaux internationaux se font écho de l'évènement, tels CNN ou la BBC qui en font leur une[19],[20].

Le journal en ligne 20 minutes indique qu'il s'agit d'un « accident à la centrale nucléaire de Marcoule » (il n'y a pas de centrale nucléaire à Marcoule, et Centraco a une activité de stockage de déchets). La même erreur est commise par le journal Courrier international qui titre « Explosion dans une centrale nucléaire à Marcoule » [21].

Le journal France-Soir fait apparaitre sous le titre de l'article une image avec 9 tours de refroidissement, cette image ne correspondant à aucune installation nucléaire de la région[22].

Le porte-parole d'EDF précise que « c'est un accident industriel, ce n'est pas un accident nucléaire »[11].

Poursuites judiciaires

Le 30 septembre 2011, la CRIIRAD porte plainte suite à l'information de l'Autorité de Sûreté Nucléaire selon laquelle l'exploitant a minimisé l'activité radioactive présente au sein du four [23].

Visiatome

Le Visiatome est un musée scientifique. Sur 600 m2 d'exposition, construit sous forme de parcours, le Visiatome vise à répondre aux interrogations du public sur la question des déchets radioactifs et de leur devenir.

Possible site EPR

Marcoule était un des cinq sites envisagés (avec Flamanville, Penly, Chooz et Tricastin) pour la construction du deuxième réacteur EPR français. Il a finalement été attribué à Penly.

Marcoule reste cependant en course pour le 3e EPR français ou pour un réacteur ATMEA[24].

Les directeurs de Marcoule

Commissariat à l'énergie atomique et aux énergies alternatives :

  • 1955 - 1968: Maurice Gervais de Rouville
  • 1968 - 1973: Michel Molbert
  • 1973 - 1975: Jean-François Petit
  • 01/1976 - 03/1981: Michel Gelée
  • 04/1981 - 04/1985: Antoine Giudicelli
  • 05/1985 - 03/1991: Albert Teboul
  • 04/1991 - 03/1995: Claude Vergne
  • 04/1995 - 10/1997: Michel Lefèvre
  • 11/1997 - 11/2000: Jean-Yves Guillamot
  • 12/2000 - 09/2002: Robert Reisse
  • 10/2002 - 12/2007: Loïc Martin-Deidier
  • 01/2008: à ce jour, Christian Bonnet

AREVA (ex-COGEMA) :

  • 01/1976 - 01/1982: Jacques Bellot
  • 02/1982 - 06/1987: Mauris Allès
  • 06/1987 - 10/1992: Jean Charlade
  • 10/1992 - 09/1996: Hugues Delaunay
  • 09/1996 - 12/1997: Maurice Mellano
  • 01/1998 - 08/2000: Patrick Sandevoir
  • 09/2000 - 12/2004: Claude Berlan
  • 01/2005 - 07/2010: Frédéric Mas
  • 07/2010: à ce jour, Dominique Guilloteau

Le site nucléaire de Marcoule dans la littérature

« Les Six Compagnons et la pile atomique » de Paul-Jacques Bonzon est une œuvre de littérature enfantine située à Marcoule parue en 1963.

Notes et références

  1. http://www-marcoule.cea.fr/scripts/home/publigen/content/templates/showcontext.asp?P=55&L=FR&vticker=news&ITEMID=2
  2. Plaquette CEA Marcoule en bref
  3. http://www.areva.com/FR/activites-3143/site-de-marcoule--dialogue-avec-les-parties-prenantes-locales.html
  4. http://www.areva.com/FR/activites-3134/site-de-marcoule-activites--assainissement-et-demantelement.html
  5. a et b [ http://www.assemblee-nationale.fr/13/pdf/rap-info/i3251.pdf RAPPORT D’INFORMATION PAR LA COMMISSION DE LA DÉFENSE NATIONALE ET DES FORCES ARMÉES sur la fin de vie des équipements militaires 16 mars 2011, page 16
  6. http://www-marcoule.cea.fr/scripts/home/publigen/content/templates/show.asp?P=172&L=FR
  7. http://www.midilibre.fr/2011/09/13/dma-le-brule-dans-l-explosion-de-centraco-transfere-a-paris,387008.php
  8. http://www.leparisien.fr/faits-divers/gard-un-four-explose-sur-un-site-nucleaire-risque-de-fuite-radioactive-12-09-2011-1604178.php, consulté le 12 septembre 2011
  9. a, b et c http://www.midilibre.fr/2011/09/12/un-four-explose-sur-le-site-nucleaire-de-marcoule-1-mort-1-blesse-grave,386389.php, consulté le 12 septembre 2011
  10. a, b et c « Explosion dans un « four » à déchets radioactifs » publié dans Ouest-France le 13 septembre 2011. Consulté le 13 septembre 2011.
  11. a, b, c et d http://www.20minutes.fr/article/785464/accident-nucleaire-direct-risque-fuite-radioactive-faible, consulté le 12 septembre 2011
  12. a et b http://www.lexpress.fr/actualite/environnement/ce-que-l-on-sait-de-l-accident-du-site-nucleaire-de-marcoule_1029350.html
  13. Situation de l’installation CENTRACO située à Marcoule (30) - Point à 19h - IRSN 12/09/2011
  14. Accident industriel de Centraco : l’ASN décide de soumettre à autorisation préalable le redémarrage des fours et classe l’accident au niveau 1 de l’échelle INES sur ASN.fr
  15. http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2011/09/12/97001-20110912FILWWW00489-marcoule-un-mort-pas-de-fuite-asn.php, consulté le 12 septembre 2011
  16. http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2011/09/13/97001-20110913FILWWW00449-marcoule-les-enqueteurs-sur-place.php, consulté le 13 septembre 2011
  17. http://www.lexpress.fr/actualite/environnement/en-direct-un-mort-dans-l-explosion-d-un-four-d-un-site-nucleaire_1029237.html, consulté le 12 septembre 2011
  18. http://www.romandie.com/news/n/_Incident_de_Marcoule_l_AIEA_a_demande_des_informations_a_la_France120920111609.asp
  19. http://edition.cnn.com/2011/WORLD/europe/09/12/france.nuclear/index.html?hpt=hp_t2, consulté le 12 septembre
  20. http://www.bbc.co.uk/, consulté le 12 septembre
  21. http://www.courrierinternational.com/breve/2011/09/12/explosion-dans-une-centrale-nucleaire-a-marcoule , consulté le 12 septembre 2011
  22. http://www.francesoir.fr/actualite/societe/marcoule-pas-d-evacuation-des-salaries-du-site-nucleaire-136394.html, consulté le 12 septembre
  23. http://www.midilibre.fr/2011/09/29/accident-de-marcoule-500-fois-plus-de-radioactivite-que-l-exploitant-ne-l-avait-declare-initialement,395400.php , consulté le 30 septembre 2011
  24. GDF Suez veut construire un réacteur Atmea dans la vallée du Rhône - Le Monde - 24.02.10 avec Reuters

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes



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