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Affaire Sirven

- Wikipedia, 4/02/2012

Vers 1765, environ trois ans après la célèbre affaire Calas qui s'était déroulée à Toulouse, Castres se fait connaître dans toute la France par l'Affaire Sirven. Pierre-Paul Sirven et son épouse, tous deux protestants, avaient trois filles. La seconde, Élisabeth, était handicapée mentale. En 1760, Élisabeth disparaît. Pierre-Paul Sirven apprend qu'elle aurait été recueillie par les sœurs du couvent des Dames-Noires. D'autres prétendent que les religieuses de ce couvent l'auraient enlevée et auraient tenté de la convaincre qu'elle était appelée par le Seigneur. Ne comprenant pas sa situation, Élisabeth se révolte. Finalement l'évêque décide de la rendre à ses parents. Après quelques mois, Élisabeth disparaît de nouveau et c'est au fond d'un puits asséché que son cadavre est retrouvé. C'est alors que les religieuses accusent ses parents d'avoir maltraité Élisabeth pour l'empêcher de se convertir au catholicisme.

En fuite, Pierre-Paul Sirven et son épouse furent jugés et condamnés à mort par contumace. C'est en 1771 que Voltaire plaidera leur cause et démontrera leur innocence.

La famille Sirven ayant trouvé refuge à Lausanne se mit en contact avec Voltaire, lequel tout absorbé par l'affaire Calas, réagit néanmoins avec vigueur. Le 30 mars 1765, il écrit à Damilaville[1]:

Voltaire, ardent défenseur de la cause des Sirven

« J'attends tous les jours à Toulouse la copie authentique de l'arrêt qui condamne toute la famille Sirven; arrêt confirmatif de la sentence rendue par un juge de village; arrêt donné sans connaissance de cause; arrêt contre lequel tout le public se souléverait avec indignation si les Calas ne s'étaient pas emparés de toute sa pitié ».

En juin 1766, il publie son «avis au public sur les parricides imputés aux Calas et aux Sirven». Il fallut néanmoins attendre le 23 janvier 1768 pour que le conseil du Roi fut saisi. Ce dernier débouta cependant Sirven car il ne souhaitait pas émettre un avis contraire à une décision d'une cour provinciale.

Sommaire

Réhabilitation

L'étape suivante fut pour Sirven une grande prise de risque puisqu'il dut se rendre aux autorités. Cette même décision avait été des plus funestes pour Calas qui fut comdamné et roué à mort. Fort heureusement, depuis l'affaire Callas, la position du parlement de Toulouse avait changé du tout au tout. Il se rendit donc à Mazamet en 1769 en attente de la décision du Parlement de Toulouse. Sirven fut relaxé en décembre 1769. Le 25 novembre 1771, la famille Sirven fut réhabilitée et la ville de Mazamet dut leur verser des compensations. Le 27 novembre 1771, Pierre-Paul Sirven écrivit à Voltaire[2]:
« Je vous dois la vie, et plus que cela le rétablissement de mon honneur, et de ma réputation. Le parlement me jugea avant hier. Il a purgé la mémoire de feu mon épouse et nous a relaxés de l'indigne accusation imaginée par les fanatiques Castrois, m'a accordé la main levée des biens et effets saisis, avec restitution des fruits, et m'a accordé les dépens. […] Vôtre nom Monsieur, et l'intérêt que vous preniez à ma cause ont été d'un grand poids. Vous m'aviez jugé et le public instruit n'a pas osé penser autrement que vous, en éclairant les hommes vous êtes parvenu à les rendre humains ».

Citation

Dans L'Ingénu, Voltaire y fait allusion ainsi qu'à l'affaire Calas : "Avec quelle indifférence inhumaine un homme en place signe la destruction d'une famille, et avec quelle joie plus barbare des mercenaires l'exécutent!"

Notes et références

  1. Fondation Voltaire, édition complète, lettre D12511
  2. Ibid. D17479

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