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Jean-Claude Kella

- Wikipedia, 9/01/2012

Jean-Claude Kella
Surnom « Yeux bleus », « Le diable »
Naissance 13 août 1945
Toulon (France)
Nationalité Drapeau de la France Française,
Autres activités gangster, trafiquant de drogue (French Connection), gestion de bars

Jean-Claude Kella, né le 13 août 1945, est une figure de la French Connection. Il a passé un total de 25 années en prison. Il est surnommé « Yeux bleus » ou « Le diable » [1].

Sommaire

Jeunesse

Né en 1945 à Toulon dans le quartier de « Little Italy ». Il y a passé toute sa jeunesse. Destiné à devenir coiffeur comme son cousin, lorsqu'il est apprenti dans le quartier de la Loubiéres, une altercation avec son patron, un alsacien, pour lui avoir pris son pourboire de 10 francs, lui fait changer de voie. Kella l'ayant frappé se voit banni de la profession à Toulon. Il commence à emprunter le chemin de la délinquance par le vol et le cambriolage de villas cossues[1],[2]. En 1963, à dix-huit ans, il connaît sa première condamnation, pour recel. Le 24 mai 1966, il essuie une fusillade avec l'antigang pendant le casse de la société Coronis, Boulevard des Batignoles. Blessé et arrêté, Kella est relâché par erreur en 1967. C'est à cette période que le toulonnais rencontre Laurent Fiocconi. Avec ce dernier, il va commettre quelques braquages avant de devenir passeur dans la French Connection à la fin des années 1960.

Contexte de la French Connection

Dans les années 1960, la drogue n'était pas diabolisée comme aujourd'hui en France. Seule l'élite prenait de l'héroïne du fait de son coût prohibitif. Le trafic de stupéfiant n'était pas considéré comme un délit grave. Il n'était punissable que de 5 ans d'emprisonnement. Le vol ou le braquage étaient plus sévèrement réprimés. Ce n'est qu'au début des années 1970 avec la prise de conscience de l'administration Nixon aux États-Unis et Pompidou en France que la législation se durcit en France. Les États-Unis virent la consommation d'héroïne exploser lorsque les soldats américains revenaient du Viêt Nam. 80 soldats sur 100 se piquaient[1].

« Yeux bleus » et la French Connection

En 1968, ils font la rencontre du caïd marseillais Francis le Belge. Le Belge a de l'argent à investir dans l'héroïne. Lors d'un séjour en Espagne, Kella rencontre de nombreux voyous qui s'adonnent au trafic de drogue. Kella, ayant des facilités dans le maniement des langues, se voit proposer de faire le relais aux États-Unis pour un gigantesque trafic d'héroïne : La French Connection. Il s'y rend avec un faux passeport. Sur place, il rencontre certains des principaux chefs mafieux des Cinq Familles de New-York[1], dont notamment Vito Genovese, parrain de la famille Genovese. Il est en contact avec Louis Cirillo, capo de la famille Genovese et meilleur contact pour un trafic international. Il constate que les moyens mis à disposition (hommes, matériels, argent, quantité) sont beaucoup plus importants qu'en France. À cette époque, toutes les organisations criminelles voulaient être en relation avec les français car les chimistes qui raffinaient le produit étaient les meilleurs. Par exemple Jo Cesari faisait une héroïne pure à plus de 90%[1]. Pour envoyer la drogue aux États-Unis, ils vont utiliser un bateau. Ceci découlera sur l'affaire du "Caprice des temps".

Mais entretemps, le duo Kella et Fiocconi continuent à faire des affaires avec la bande du Belge en Espagne. Mais en 1968, le groupe est arrêté à Gérone pour trafic de drogue et libéré peu de temps après. Le duo travaille en parallèle avec un marseillais de Paris qui les contactent en août 1969. La majorité des envois sont destinées à Louis Cirillo. Grâce aux sommes amassées, Kella et Fiocconi flambent en boite de nuit et roulent en Ferrari. Leur premier million, ils le fêtent en 1970 en Italie, en compagnie d'autres voyous.

Chute et incarcération

Kella est arrêté à 25 ans et condamné à 9 ans de prison dans un quartier de haute sécurité à Atlanta, aux États-Unis. C'est à cette occasion qu'il constate la dureté des conditions d'incarcération dans les prisons américaines par rapport aux prisons françaises. Il déclare : « Les prisons françaises sont un pensionnat de jeunes filles par rapport aux prisons américaines ». Il dit avoir ressenti un sentiment de violence et d'insécurité constante[1]. Il décrit les meurtres, bagarres sauvages, viols, racket, trafic, lutte raciale[2]. Il est libéré à l'âge de 34 ans.

Condamnations et libérations

Il est libéré en 1979 après le paiement d'une caution de 700 000 $. Il retourne à Toulon où il continue ses affaires. En 1988, il est arrêté au Mexique pour un trafic de coke portant sur une quantité de 700 kilos. En 1992, il est relaxé dans cette affaire. En 1993, il est libéré contre une caution de 800 000 euros fixée après la dénonciation de François Scapula.

En 1998, il est arrêté dans le cadre de l'Affaire Topaze. Il est condamné à 15 ans de prison. Depuis septembre 2009, il est sorti de sa période de liberté conditionnelle. Il est libre[3].

Notes et références

http://www.rdvtele.com/encore/a-lire-et-a-relire/emission13/  : interview 2009

Annexes

Articles connexes

Liens externes

Bibliographie

  • L'affranchi de Jean-Claude Kella, 2009, édition du Toucan, 396 pages, 22 euros.

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