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Assassinat de Jean sans Peur

- Wikipedia, 28/01/2012

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Jean sans Peur, Duc de Bourgogne.

Le 10 septembre 1419, Jean Ier de Bourgogne, dit « Jean sans Peur », est assassiné lors d'une entrevue avec le dauphin (le futur Charles VII), sur le pont de Montereau par Tanguy du Châtel et Jean Louvet, proches conseillers du dauphin.

Sommaire

Contexte

L'événement prend place pendant la Guerre de Cent Ans. Le roi Charles VI est fou et deux partis (les Armagnacs et les Bourguignons) se disputent le pouvoir au sein du conseil de régence présidé par la reine Isabeau de Bavière. Le duc d'Orléans, chef de file des Armagnacs (Louis Ier d'Orléans), serait devenu l'amant de la reine, il aurait ainsi pris l'avantage (Charles VII serait donc le fils illégitime du duc d'Orléans). Jean sans Peur, sentant le pouvoir lui échapper, fait assassiner Louis d'Orléans à Paris en 1407. Cet événement entraîne une véritable guerre civile entre Armagnacs et Bourguignons. Les Anglais ayant repris les hostilités, Jean sans Peur louvoie pour les ménager car les Flandres (qui lui appartiennent) sont dépendantes de l'approvisionnement en laine anglaise pour fournir les draperies. Il n'enverra donc que peu de troupes pour les combattre. Au contraire, il profite des désordres pour prendre le pouvoir à Paris, soutenu par les universitaires et les artisans. Cependant, les Anglais ayant écrasé la chevalerie française à Azincourt en 1415, il est urgent de mettre fin à cette guerre civile.

Jean sans Peur et le dauphin Charles se rencontrent une première fois le 8 juillet 1419 à Pouilly-le-Fort, puis à nouveau le 11 juillet, pour signer le traité de Pouilly-le-Fort dit « La Paix du ponceau ». Le 19, un Te Deum célèbre à Paris leur prochaine réconciliation. Mais celle-ci est différée par une attaque des Anglais qui, progressant le long de la Seine, s'emparent de Poissy le 31 juillet et menacent Paris. Le duc de Bourgogne fait évacuer la famille royale sur Troyes, à l'Est.

Enfin, Jean et Charles conviennent de sceller leur alliance sur le pont qui traverse la Seine à Montereau, le 10 septembre 1419.

Les mobiles

Article détaillé : Assassinat de Louis d'Orléans.
  • Les Armagnacs ne peuvent tolérer un rapprochement du dauphin avec les vues bourguignonnes, qui diminueraient leur influence.
  • Ils souhaitent venger l'assassinat de Louis d'Orléans (1407), leur ancien chef de file.
  • Charles VII se révèlera un froid calculateur qui saura utiliser Jeanne d'Arc pour se faire sacrer, alors que sa mère Isabeau de Bavière avait désigné par le traité de Troyes (1420), Henri V comme futur roi de France, en soutenant que son fils était un bâtard. De même, il n'hésitera pas à accorder l'indépendance à la Bourgogne par le Traité d'Arras en 1435 pour mieux lutter contre les Anglais. Charles VII s'est révélé un très fin politicien et il serait surprenant qu'il ait pu sciemment commettre une faute aussi grossière. La thèse du complot des Armagnacs visant à déjouer une alliance avec les Bourguignons semble la plus probable.

Les faits

Le 10 septembre 1419, les deux armées arrivent vers 15 heures sur les deux berges de l'Yonne[1], de part et d'autre du pont de Montereau. Jean sans Peur est informé que l'on veut attenter à sa vie, son entourage accentue sa surveillance afin de protéger le duc. Il en est de même pour le régent. Au milieu du pont, des charpentiers ont élevé un enclos avec une porte de chaque côté. Il est convenu que les deux rivaux entreront dans l'enclos avec chacun une escorte de dix personnes et que les portes seront fermées pendant toute la durée de l'entrevue. Chacun des dix hommes prêta serment. Malgré les dispositions prises, le duc de Bourgogne réfléchit encore sur le bien-fondé de cette dangereuse rencontre. De chaque côté de l'Yonne, les deux princes s'épient.

Enfin, à 17 heures, le duc de Bourgogne se décide : il s'avance vers le pont de Montereau. Lorsque les conseillers du régent Charles, dont Jean de Maissy, dit Jean Cadard, son médecin, voient apparaître sur le pont le duc de Bourgogne, ils s'avancent vers le duc et lui disent : « Venez devers, Monseigneur, il vous attend ». Se méfiant des intentions des Bourguignons, d'un geste, Tanneguy du Châtel encourage le régent à sortir de la galerie.

Jean sans Peur se rend sans protection armée au rendez-vous du pont (peut-être voulait-il mettre le Dauphin en confiance ?).

L'atmosphère est tendue. Le duc s'agenouille avec respect devant le dauphin, qui feint l'indifférence. Se relevant, Jean cherche un appui en posant la main sur le pommeau de son épée.

« Mettez-vous la main à votre épée en présence de Monseigneur le Dauphin ? » questionne l'un des compagnons de celui-ci, messire Robert de Loire, comme dans la fable du Loup et de l'Agneau.

Plaque installée sur le pont de Montereau et rappelant l'assassinat de Jean sans Peur.

Tanguy du Châtel n'attend que ce prétexte pour porter un coup de hache au visage du duc en criant «Tuez, tuez !». C'est alors la curée, selon le récit qu'en fera plus tard Jean Séguinat, secrétaire du duc, à la commission d'enquête nommée par les Bourguignons.

Par la porte du côté du dauphin, qui a été maintenue ouverte, des hommes en armes s'engouffrent dans l'enclos. Le duc est lardé de coups cependant que le dauphin, conduit à l'écart, reste impassible.

Selon certains dires, le duc de Bourgogne eut la main droite sectionnée comme le fit Jean sans Peur quelques années auparavant à son cousin Louis Ier d'Orléans (23 novembre 1407).

Le dauphin fut désigné comme le principal instigateur de l'assassinat du duc de Bourgogne. Malgré ses dénégations, malgré ses excuses, il ne put se justifier.

Conséquences

Cet acte aura des conséquences catastrophiques pour la France, déjà très affaiblie par les luttes de pouvoir et la défaite française d'Azincourt. Le nouveau duc de Bourgogne (Philippe le Bon) fait alliance avec les Anglais: ce que Jean sans Peur avait toujours évité, même s'il avait observé une neutralité bienveillante à leur égard et ponctuellement bénéficié de leur aide (pour prendre le pouvoir à Paris par exemple). Cela aboutit, un an plus tard, au traité de Troyes qui donne la couronne de France à Henri V d'Angleterre. Les Armagnacs contesteront ce traité, mais ne contrôleront plus que le sud-est du Pays.

Article détaillé : Traité de Troyes.

Le crâne de Jean sans Peur vu par François Ier

En 1521, lors d'une visite de François Ier de France dans la capitale bourguignonne, un moine présenta le crâne de Jean sans Peur au roi de France en lui disant : «Sire, c'est le trou par où les Anglais passèrent en France».

Notes et références

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes

Bibliographie

  • Françoise Autrand Charles VI , Fayard, 1986.
  • Paul Bonenfant, Du meurtre de Montereau au traité de Troyes, Coll. Mémoires de la classe des Lettres et Sciences morales et politiques, tome LII, fasc. 4, Bruxelles, Académie Royale de Belgique, 1958.

Sources


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