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Vincent Reynouard

- Wikipedia, 29/01/2012

Vincent Reynouard, ingénieur de formation, est un militant négationniste français né en 1969. Marié en 1991, il est père de 8 enfants.

Biographie

Sympathisant du national-socialisme depuis son adolescence, il est amené par ses idées à épouser la cause négationniste[1]. Il est membre en 1991 du Parti nationaliste français et européen (PNFE) mouvement néo-nazi radical.

Ancien professeur en mathématiques et ingénieur-chimiste de formation, il fut révoqué en 1997 de l'Éducation nationale pour avoir conservé dans un ordinateur de son lycée des documents niant la Shoah[2].

Vincent Reynouard est très marqué par le catholicisme traditionaliste (il est sédévacantiste), qui sert de cadre à son engagement « révisionniste ». Il s'est installé en Belgique à la fin des années 1990. Vincent Reynouard revendique l'appartenance au Mouvement de combat Saint-Michel, groupe « catholique, national-socialiste et révisionniste[3] ». Dans sa revue Sans concession, il s'oppose cependant à toute forme de « théorie du complot ».

Le 8 octobre 1992, la cour d'appel de Caen l'a condamné à un mois d'emprisonnement avec sursis et à 5 000 francs d'amende pour contestation de l'existence d'un ou plusieurs crimes contre l'humanité (arrêt n° 679), Reynouard ayant, selon la Cour de cassation, « adressé aux vingt-quatre élèves d'un lycée, lauréats du concours Résistance et Déportation, des lettres anonymes auxquelles était annexée la photocopie d'écrits contestant l'existence des chambres à gaz en Allemagne durant la Seconde Guerre mondiale ». Par un arrêt du 26 mai 1994[4], la Cour de cassation a cassé partiellement, sans renvoi, cet arrêt, en ses seules dispositions relatives à la contrainte par corps, laquelle ne peut être prononcée pour une infraction ayant un caractère politique, les délits de presse étant assimilés aux infractions politiques.

En juin 2004, la cour d'appel de Limoges l'a condamné à vingt-quatre mois de prison, dont six ferme, pour apologie de crimes de guerre, en raison de la réalisation et de la diffusion d'une cassette vidéo intitulée Tragédie d'Oradour-sur-Glane : 50 ans de mensonges officiels ; la Cour de cassation a cassé cet arrêt, les faits reprochés ne constituant pas une apologie de crimes de guerre, mais une contestation de crimes de guerre, laquelle n'est pas réprimée par la loi[5],[6],[7],[8].

Vincent Reynouard a été condamné le 8 novembre 2007 à un an de prison et 10 000 euros d'amende par le tribunal correctionnel de Saverne (Bas-Rhin) pour contestation de crimes contre l'humanité, pour avoir écrit et fait distribuer la brochure : « Holocauste, ce que l'on vous cache ». Vincent Reynouard a fait appel du jugement.

La Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme (Licra), partie civile, obtient 3 000 euros de dommages, la manufacture d'impression et son président où avait été distribué le document, 150 euros[9].

En juin 2008, Vincent Reynouard et Siegfried Verbeke sont condamnés à un an de prison ferme par le tribunal correctionnel de Bruxelles pour négationnisme[10].

Le 9 juillet 2010, Vincent Reynouard est incarcéré à la prison de Forest (Bruxelles). Le 23 juillet 2010, la Chambre du Conseil de Bruxelles a déclaré que le mandat d'arrêt lancé par la France contre Reynouard était valable[11]. Le 19 août 2010, il est extradé vers la France et incarcéré à Valenciennes.

Paul-Eric Blanrue, fondateur du Cercle zététique, a lancé un appel pour soutenir la liberté d'expression de Vincent Reynouard et demander l'abrogation de la Loi Gayssot[12], démarche qui a reçu le soutien de Noam Chomsky. L'intellectuel américain fustige une loi qui « a pour effet d’accorder à l'État le droit de déterminer la vérité historique et de punir ceux qui s'écartent de ses décrets, ce qui est un principe qui nous rappelle les jours les plus sombres du stalinisme et du nazisme »[13].

Vincent Reynouard a été libéré le 5 avril 2011[14]. Il reste sous contrôle judiciaire, et sous le coup d'une procédure pour faux, usage de faux et complicité d'escroquerie[15]. Il tient depuis une chronique régulière dans l'hebdomadaire d'extrême-droite Rivarol[16].

En novembre 2011, il crée un site internet négationniste, "PHDNM" (Pour une Histoire Débarrassée des Nombreux Mensonges) qui se présente comme une réponse au site internet PHDN (Pratique de l'Histoire et Dévoiements Négationnistes). Reprenant une tradition de son courant de pensée [17], il propose une somme d'argent (5 000 euros) à celui qui "démontrera au terme d'un débat libre, loyal et courtois que les chambres à gaz homicides hitlériennes ne sont pas un mythe de propagande".

Notes et références

  1. « Vers quatorze ans, j’ai pu contempler les photos du IIIe Reich. J’ai rapidement compris que le vrai socialisme, celui auquel j’aspirais, avait été réalisé par Adolf Hitler. Ce fait m’apparaissait comme une évidence. Lorsque je m’en ouvrais aux adultes, ils répondaient en invoquant les “atrocités nazies”. Pendant longtemps, j’y ai cru. Mais j’admirais tout de même Hitler pour ses réalisations sociales et je disais : “Il faudra refaire un État national-socialiste sans les camps.” On me répondait que c’était impossible car le national-socialisme menait naturellement aux camps de la mort. Dans ma tête pourtant, je n’arrivais pas à comprendre comment un tel régime, si bon pour son peuple, avait pu mener à de telles atrocités. La franche dichotomie me troublait et m’amenait à douter parfois. Mais tout le monde me le disait… Alors je restais seul, un peu honteux, avec mon “national-socialisme” — sans les camps. (...)
    Je me croyais donc seul au monde, seul à avoir compris qu’on pourrait faire un national-socialisme sans les camps, seul avec les petites croix gammées que je dessinais sur des feuilles. Je n’en tirais nulle fierté, mais plutôt une angoisse abyssale. Devrais-je passer toute ma vie sans personne pour partager mes vues ? On comprendra pourquoi la découverte du révisionnisme et la certitude qu’il disait vrai fut pour moi une libération. Ce que je n’osais pressentir était exact. La franche dichotomie était effectivement un symptôme du mensonge ambiant. J’étais enfin décomplexé. », citation de Vincent Reynouard, dans son bulletin Sans concession (n°30, avril 2007).
  2. « Révisionnisme : Honfleur : professeur révoqué », Le Figaro, 23 avril 1997 ;
    « Révisionniste », Sud Ouest, 7 avril 1998.
  3. Mouvement de Combat Saint-Michel (sauvegarde du site internet)
  4. Crim. 26 mai 1994, pourvoi n° 92-85638
  5. « Oradour-sur-Glane : condamnation d'un révisionniste », L'Humanité, 11 juin 2004.
  6. « Six mois ferme pour le révisionniste », La Nouvelle République du Centre-Ouest, 10 juin 2004
  7. Crim. 12 avril 2005, 04-84.288
  8. « Oradour : cassation de la condamnation du révisionniste Vincent Reynouard », Agence France-Presse, 13 avril 2005.
  9. « Un ex-professeur condamné à un an de prison pour révisionnisme », Reuters, jeudi 8 novembre 2007.
  10. « Prison ferme pour deux négationnistes », Le Soir, 20 juin 2008.
  11. "Communiqué de Vincent Reynouard"
  12. Pétition pour l'abrogation de la loi Gayssot et la libération de Vincent Reynouard
  13. « Chomsky en remet une couche contre la loi Gayssot », Bakchich, 9 septembre 2010.
  14. « Vincent Reynouard a été libéré ce matin », blog du Comité de soutien à Vincent Reynouard, 5 avril 2011
  15. Interview par le site Médialibre, 6 avril 2011
  16. Les maréchalistes n’ont jamais été des “traîtres”, par Vincent Reynouard Rivarol n°3023 du 25/11/2011 http://www.rivarol.com/Rivarol.html
  17. Par exemple, l'Institute for Historical Review avait offert lors de sa première conférence en 1979 une somme de 50 000 $ à qui prouverait que les chambres à gaz homicides avaient existé à Auschwitz ; finalement, l'institut fut condamné à payer 90 000 $ à Mel Mermelstein, un rescapé du camp qui avait relevé le défi (la preuve étant un témoignage signé de ses expériences). cf. l'article de Wikipédia en anglais sur Mel Mermelstein

Liens externes


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