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Jean Filliol

- Wikipedia, 30/01/2012

Jean Filliol

Naissance 12 mai 1909
Nationalité française
Pays de résidence Drapeau de France France
Activité principale Militant nationaliste

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Jean Filliol (12 mai 1909 - ?) est un militant nationaliste français qui a fondé avec Eugène Deloncle en 1935, la Cagoule.

Biographie

Militant de l'Action française, où il dirigeait la 17e équipe des Camelots du Roi dans le quartier de La Muette[1] à Paris, il est très actif durant la manifestation des Ligues, le 6 février 1934. De cet événement, naît une opposition farouche entre les dirigeants de l'Action française, lui et son équipe de camelots[2]. Celle-ci débute par une accusation d'immobilisme lancée à l'encontre de Georges Calzant et Maurice Pujo, qui auraient été introuvables pendant l'émeute[2]. Puis en 1935 dans un long mémoire signé par 97 camelots appuyés par Jean Filliol, une argumentation tend à accuser Calzant, Pujo et Maxime Réal del Sarte de laisser dépérir le mouvement[2]. Jean Filliol et ses 97 camelots sont alors exclus de l'Action française[2].

C'est dans ces circonstances que se développe dès le mois de décembre un groupuscule, le Parti national révolutionnaire (PNR ou PNRS) qu'il fonde avec son ami Eugène Deloncle[3]. Mais ses adhérents ne peuvent échapper à la police. C'est à cette fin qu'ils décident de dissoudre leur association aussi légale soit-elle[3], et de créer une organisation non plus légale mais secrète, l’Organisation secrète d'action révolutionnaire nationale, surnommé La Cagoule et qui deviendra le Comité Secret d'Action Révolutionnaire (C.S.A.R.)[3]. Ce groupe d'extrême-droite s'oriente alors dans des actions de plus en plus violentes dans le but de renverser le régime républicain. En 1937, Jean Filliol est soupçonné de participation à l'assassinat des frères Carlo et Nello Rosselli à Bagnoles-de-l'Orne pour le compte de Mussolini, à la suite duquel il se réfugie en Italie puis en Espagne.

En 1941, il revient en France et rejoint l'équipe dirigeante du Mouvement social révolutionnaire de Deloncle où il est chargé du renseignement. Le 14 mai 1942, il organise un "putsch" pour évincer Deloncle. Mais Laval, échaudé depuis la tentative d'assassinat dont il a été victime de la part de Collette en août 1941, voit en lui un assassin en puissance et le fait interner en novembre 1942 au camp de Saint Paul d'Eyjeaux.

Joseph Darnand, secrétaire d'État au maintien de l'ordre et chef de la Milice, le fait libérer début 1944 et l'affecte à la Franc-garde de la Milice dans le Limousin, en le chargeant, encore, du renseignement. Il se réfugie en Allemagne et participe à la création de « maquis blancs » pour reconquérir la France.

Jean Filliol, réfugié en Espagne, est condamné par contumace à la peine capitale. Il travaille pour la branche espagnole de L'Oréal[4].

Pour l'historien Robert O. Paxton, il est évident que Jean Filliol fait partie de ces Français marginaux qui « ont émargé aux fonds secrets de l'Allemagne et de l'Italie à la fin des années 30 » (La France de Vichy, 1940-1944).

On ignore ce qu'est devenu Jean Filliol, probablement décédé.

Bibliographie

  • Brigitte et Gilles Delluc, Jean Filliol, du Périgord à la Cagoule, de la Milice à Oradour, Périgueux, Pilote 24 édition, 2005.
  • Jean-François Miniac, Les grandes affaires criminelles de l'Orne, de Borée, Paris, 2008,(ISBN 978-2-84494-814-4).

Notes et références

  1. Angelo Tasca, David Bidussa, Denis Peschanski, Annali della Fondazione Giangiacomo Feltrinelli (1995). La France de Vichy. Archives inédits d'Angelo Tasca, Feltrinelli Editore, 1996, 469 p., p. 164, note 61
  2. a, b, c et d Thomas Roman dans Agnès Callu, Patricia Gillet, Lettres à Charles Maurras : amitiés politiques, lettres autographes : 1898-1952, Presses Univ. Septentrion, 2008, 256 p., p. 160
  3. a, b et c Société d'éditions scientifiques, L'histoire, Numéros 157 à 161, Paris, 1992, p. 8
  4. Compte-rendu, publié dans L'Action littéraire, d'un entretien avec Brigitte et Gilles Delluc : Jean Filliol, la Cagoule, l'extrême-droite, la collaboration, Oradour sur Glane, l'Oréal, l'Espagne...

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